Pfffff… L’illusion n’aura duré que le temps de l’intro et du premier morceau, « Moloko Mesto », d’une sauvagerie qui fait honneur à ce que SEPULTURA représente encore pour beaucoup. Derrick Green y laisse exploser toute sa rage, montrant encore une fois que c’est sur ce type de morceau qu’il est le plus efficace, comme on peut le constater sur chaque album sorti depuis son arrivée dans le groupe. Pourtant, Kisser s’évertue à rester vautré dans une espèce d’ethno néo daubé sans âme, dénué de riffs, dissimulant derrière un paravent culturel moisi son incapacité à faire avancer SEPULTURA…
Si vous avez suivi le groupe depuis le départ de Max, vous ne serez absolument pas dépaysé, peut-être juste un peu plus attristé encore pour cette formation emblématique des années 90 devenue une mauvaise copie d’elle-même. Même la production ne rattrape pas les lacunes de composition puisque le son est d’une pauvreté incroyable. Aucune ampleur, une batterie très sèche, des guitares épaisses comme une feuille de papier à rouler, on croirait presque une version non masterisée de l’album ! Finalement, à y regarder de plus près, c’est justement Derrick Green qui s’en sort le mieux. Parce que s’il n’a pas le groove qu’il faudrait pour les style actuel de SEPULTURA, il est évident qu’il se donne à fond et à l’instar de Blaze Bailey dans MAIDEN, il inspire beaucoup de sympathie compte tenu du poids qu’il porte sur ses épaules (je sais, personne ne l’a forcé à venir…)
Il faut attendre la huitième plage, « Metamorphosis », avec son rythme pesant et son riff typiquement SEPULTURA, pour retrouver un semblant d’espoir… qui sera renforcé avec « Sadistic Values », qui prend la suite avec le chant clair de Derrick Green sur un accompagnement dépouillé de Kisser rappelant l’époque « Arise » (j’ai dit « rappelant », hein !) avant que les guitares se fassent plus lourdes, sur un rythme toujours très pesant. Au passage, le nouveau batteur Jean Dollabella fait complètement oublier Igor Cavalera sur tout l’album, c’est déjà ça de gagné… On croit tenir enfin le bon bout avec « Forceful Behavior », dans un esprit bien old school dans lequel, il n’y a pas à chier, le groupe se défend toujours très bien, mais non. On retombe dans la grosse flaque de néo qui n’a même pas eu le temps de sécher et ce ne sont pas les deux pichenettes thrashouillantes restant à venir ou la pourtant sympathique reprise de la 9ème Symphonie de Beethoven, ici rebaptisée « Ludwig Van », qui sauveront l’affaire.
Aucune surprise donc, dans le sens où SEPULTURA reste ce qu’il est peu à peu devenu, un groupe de seconde zone. Comme l’album précédent, « A-Lex » est un concept, cette fois tiré d’« Orange Mécanique », d’où le jeu de mot entre cette expression russe signifiant « sans loi » ou quelque chose d’approchant et le prénom du personnage principal du roman d’Anthony Burgess. D’où également le clin d’œil à Beethoven et l’artwork évoquant quelque mécanisme infernal et cauchemardesque, qui n’est pas sans rappeler ceux d’« Arise » et du « Latex Cult » d’IMPALED NAZARENE. N’ayant pas les paroles avec la version promo qui m’a été envoyée, je ne peux juger de ce qu’elles apportent éventuellement et cette kro est donc basée sur un jugement entièrement musical, à revoir peut-être avec la version complète entre les mains.
Dans sa kro de “Roorback”, le Boss concluait par ces mots (deux points ouvrez les guillemets) Le disque s’écoute bien, on sent la poudre, mais ils ont pas encore trouver la mèche… Il semblerait que non seulement ils n’aient toujours pas trouvé de mèche mais qu’en plus ils se soient fait tirer leur poudre et qu’on l’ait remplacée par du vieux poil à gratter.
Source: http://www.vs-webzine.com/new.php?page=kronik&id_news=9549&pagh=&droite=